Seule équipe avec Lyon ou encore Marseille à n'avoir concédé qu'une seule défaite depuis le début de la saison, Rennes ne pointe pourtant qu'à la neuvième place. La faute à son incapacité à tuer certains matches (sept nuls en onze journées). Que vaut vraiment le club breton ? Tentative de réponses.
LES PLUS
Une défense qui tient la route
Avec seulement neuf buts encaissés, Rennes présente la quatrième meilleure défense du Championnat. Une statistique qui doit beaucoup à l'émergence de l'ancien Lensois Kader Mangane. Débarqué en fin de mercato, le Sénégalais, milieu de formation, a été repositionné en défense centrale par Guy Lacombe. Il est rentré à ce poste contre Marseille (4-4) alors que son équipe était menée 1-3. Depuis, les Rennais n'ont encaissé que cinq buts en dix rencontres. L'arrivée à l'intersaison de Nicolas Douchez a également été déterminante. Simon Pouplin, et Patrice Luzi, auteurs de quelques bourdes la saison dernière, ne laissaient pas transpirer la même assurance.
L'avis de Pierre Dréossi : «C'est toujours difficile d'isoler un joueur ou une ligne. Pour moi, c'est un tout. Maintenant, c'est sûr que cette solidité est un motif d'espoir pour la suite et notre ambition de s'installer durablement dans le premier tiers du tableau».
Un vrai potentiel
Les Rennais élèvent leur niveau de jeu lorsque l'opposition se veut, sur le papier, plus redoutable. La venue de Lyon s'est transformée en débâcle pour le champion-leader (3-0). Contre Marseille (4-4), les joueurs de Guy Lacombe ont su faire preuve d'une abnégation à toute épreuve pour remonter leur handicap. Face à Lille (2-1), ils ont décroché les trois points durant le temps additionnel par Cheyrou (90e+1) et Sow (90e+4). Rennes semble haïr la défaite : une seule concédée depuis le début du Championnat, à Grenoble (0-1) lors de la deuxième journée.
L'avis de Pierre Dréossi : «Il y a beaucoup de matches où l'équipe est allée chercher le résultat. C'est positif, même si le plus important, c'est d'être constant. Je crois qu'on y arrive petit à petit. Une défaite en onze journées, c'est le prémice de quelque chose. On n'a pas encore connu de trous».
La Coupe d'Europe en moins
L'élimination contre Twente (2-1, 0-1) avant même la phase de poules de la coupe UEFA fut une première grosse désillusion. Sur le long terme, cet échec pourrait cependant se révéler bénéfique. L'an dernier, Pierre Dréossi a suffisamment présenté cette épreuve comme la principale cause de la baisse de régime bretonne pour se démentir aujourd'hui. Rennes court chaque saison après l'Europe, mais il ne dispose pas encore d'un effectif suffisamment conséquent pour s'éparpiller. Alors que leurs concurrents directs - Lyon, Bordeaux, Marseille ou encore Paris - vont perdre de l'énergie et peut-être même des joueurs durant leurs joutes européennes, Rennes sera à fond sur la L1.
L'avis de Pierre Dréossi : «C'est toujours difficile de dire que c'est une bonne chose d'avoir été éliminé parce que lorsqu'on est européen, c'est toujours avec l'ambition d'aller le plus loin possible. L'an dernier, ce calendrier infernal en novembre-décembre avait été l'une des raisons de notre baisse de niveau. Cette fois, ce ne sera pas le cas».
LES MOINS
Des attaquants trop intermittents
Avec treize buts inscrits depuis le début de la saison, Rennes est dans la moyenne. C'est encore trop peu au regard des occasions que se procurent les Briand et compagnie à chaque rencontre. L'international français mange encore régulièrement la feuille, comme contre Le Mans (2-2, 10e journée). Mickaël Pagis, lui, n'a pas confirmé sa prestation de haut vol contre Lyon (3-0). L'ancien Marseillais le dit lui-même : il n'est pas un buteur. Enfin, Gyan Asamoah s'est déjà blessé deux fois et n'a pas eu le temps de faire ses preuves (une seule titularisation). Personne ne sait encore s'il s'inscrira dans la lignée de Frei ou Nonda.
L'avis de Pierre Dréossi : «Tous les entraîneurs aimeraient avoir un «tueur » dans leur effectif, mais, à ce que je sache, il n'y a que Lyon qui a un Benzema. Alors oui, c'est vrai qu'on ne marque pas suffisamment de buts, mais c'est un peu le discours de tout le monde et de beaucoup d'équipes. Notre efficacité sera un élément clé de nos progrès».
Des nuls qui n'aident pas à avancer
Rennes marque peu. Conséquence : Rennes ne gagne pas assez. Les Bretons ne comptent pas plus de défaites que Lyon ou Marseille (une seule). Le hic, ce sont ces sept matches nuls concédés pour seulement trois victoires. Ils ne valent guère plus que deux succès et installent Rennes à la neuvième place. Le club breton n'élève pas son niveau de jeu contre des équipes présumées plus faibles. Guy Lacombe précisera sans doute que les erreurs d'arbitrage n'ont pas contribué à délester son équipe de cette image. Le constat, aujourd'hui, reste celui-là.
L'avis de Pierre Dréossi : «C'est très frustrant de voir que nos efforts rapportent peu. On doit encore s'améliorer à l'extérieur où l'on n'est pas encore assez ambitieux. Pour transformer un nul en victoire, ça se joue à peu de choses. Parfois on aurait pu le faire comme à Valenciennes (0-0), d'autres fois, on aurait mérité de le faire. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Ça dépend aussi des circonstances comme contre Le Mans (2-2) où l'arbitre siffle un penalty inexistant contre nous. Même si on n'est pas encore une équipe capable d'imposer tout le temps notre jeu comme peuvent le faire les très grands, à l'image de Lyon, il y a des choses intéressantes. Le reste, ça sera une question de personnalité».